Chaque année, les chutes représentent un enjeu majeur de santé publique chez les personnes âgées. On estime qu’environ 30 % des personnes de plus de 65 ans chutent au moins une fois par an, un chiffre qui atteint près de 50 % après 80 ans. Les conséquences peuvent être lourdes : fractures, hospitalisations, perte de confiance, diminution de l’autonomie et parfois entrée prématurée en institution. Face à ce constat, la prévention des chutes est aujourd’hui une priorité. Parmi les approches possibles, le thermalisme, lorsqu’il est intégré dans une prise en charge globale, pourrait constituer une piste prometteuse.

Comprendre le risque de chute chez les seniors

Le risque de chute est multifactoriel. Il est souvent lié à une diminution de la force musculaire, à des troubles de l’équilibre et de la marche, à une baisse de l’activité physique, à certaines pathologies chroniques ou encore à la peur de tomber. Cette appréhension peut conduire à limiter ses déplacements, favorisant ainsi un cercle vicieux d’affaiblissement et de perte de confiance. La prévention repose donc sur une approche combinée, associant renforcement musculaire, travail de l’équilibre, activité physique adaptée et accompagnement éducatif.

Le regard d’un expert : le Pr Hubert Blain

Le Pr Hubert Blain, gériatre au CHU de Montpellier et spécialiste reconnu de la prévention des chutes, s’est intéressé à l’apport d’une prise en charge en établissement thermal dans ce contexte. Selon lui, le séjour thermal est un moment idéal pour reprendre une activité physique en toute sécurité. Avec l’appui de la Maison Sport Santé des Thermes de Balaruc-les-Bains, les patients réapprennent à bouger à leur rythme, améliorent leur mobilité et leur équilibre, et acquièrent les bons réflexes pour préserver leur santé au quotidien.

Une étude menée aux Thermes de Balaruc-les-Bains

Aux Thermes de Balaruc-les-Bains, une étude randomisée a évalué les effets d’un programme de cure thermale de trois semaines chez des seniors présentant un risque de chute. Ce programme associait une cure thermale à des séances d’activité physique adaptée (APA) ainsi qu’à des temps d’éducation thérapeutique, visant à mieux comprendre les mécanismes de la chute et à encourager des comportements protecteurs dans la vie quotidienne. L’objectif était d’agir simultanément sur plusieurs déterminants clés du risque de chute, à la fois physiques et psychologiques.

Des résultats probants après trois semaines

chutes

À l’issue des trois semaines de cure thermale, les résultats observés sont particulièrement encourageants. Les participants ont présenté une augmentation de la vitesse de marche, un indicateur essentiel de l’autonomie, ainsi qu’une amélioration de la force musculaire, indispensable pour sécuriser les déplacements et les changements de position. Une amélioration de l’équilibre a également été observée, un facteur central dans la prévention des chutes. Ces bénéfices soulignent l’intérêt d’une prise en charge globale, combinant soins thermaux, activité physique adaptée et éducation thérapeutique.

Le thermalisme, un levier de prévention globale

Au-delà des effets mesurés, le séjour thermal permet aussi de bénéficier d’un environnement encadré et rassurant, de consacrer du temps à sa santé et à la prévention, et de reprendre confiance en ses capacités physiques. Dans ce cadre, le thermalisme peut s’inscrire comme un complément pertinent aux stratégies de prévention des chutes, en particulier chez les seniors à risque ou après une première chute.